Aujourd'hui j'ai testé pour vous…

Terre d'oiseaux

Testé par Jacques
Terre d'oiseaux

Le Parc Naturel Régional de la Forêt d’Orient abrite une Réserve Naturelle. Nichée au cœur du Parc, elle comprend 1560 ha de zones lacustres humides et forestières protégées et clairement délimitées sur le territoire des trois Grands Lacs de Champagne, le lac d'Orient, celui du Temple et le lac Amance. C’est un lieu privilégié pour 272 espèces d’oiseaux, sédentaires ou migratoires pour se nourrir, nicher ou faire halte.

Les sorties ornithologiques organisées par le Parc reprennent après une pause due à la situation sanitaire et le mois de mai se fait enfin printanier pour en bénéficier sous la conduite vivante et très documentée de Clément, guide animateur. Elles sont programmées un samedi sur deux.


Le rendez-vous est pris à la Maison du Parc. Clément nous accueille à 9 heures. Après avoir rapidement testé nos faibles connaissances ornithologiques, il nous donne quelques informations sur le Parc Naturel Régional de la Forêt d'Orient et le déroulement des observations prévues. Nul besoin d’être expert ou expérimenté pour bénéficier de cette sortie. Une bonne paire de chaussures, de bonnes jumelles suffiront. Un bon téléobjectif est nécessaire si l’on souhaite de bonnes photos animalières. Clément est équipé d’une longue vue de qualité dont il nous fera bénéficier. Il nous parle des trois oiseaux emblématiques de la Réserve, « the big three » : la grue cendrée, la cigogne noire et le pygargue à queue blanche. Mais nous ne les verrons pas car le mois de mai n’est pas la période d’observation de ces espèces. Nous avons d’autres « cibles » en perspective sur les quatre sites où notre guide va nous conduire. Selon la période de l’année, et excepté pour les sédentaires, les oiseaux observables varient. Ainsi, il est trop tard dans l’année pour le pygargue et la grue, trop tôt pour la cigogne noire et encore un peu tôt pour le héron pourpré, autre espèce non sédentaire remarquable.

Nous suivons en voiture Clément pour atteindre ces quatre destinations de la Réserve.

La première halte est toute proche de la Maison du Parc. La tour d’observation sur la rive nord est du lac d’Orient. Deux photographes animaliers y sont installés. C’est bien calme nous disent-ils et on aperçoit assez peu d’oiseaux si ce n’est quelques foulques macroules qui clapotent à la recherche de nourriture. Un peu plus loin des bouées blanches délimitent la réserve. L’eau est très haute en cette saison. La récompense arrive quand on aperçoit le vol aérodynamique d’un héron pourpré. On a de la chance, ce sont les tout premiers de la saison, nous dit notre guide. L’observatoire est documenté d’une affiche avec les principaux oiseaux selon qu’ils sont hivernants, estivants, sédentaires ou migrateurs.

Nous reprenons les voitures et avançons de quelques centaines de mètres pour nous rendre sur l’extrémité sud de la digue du lac du Temple (réservoir Aube). Quelques cyclistes ou sportifs en roller se lancent sur la digue tandis que nous marchons quelques pas le long des blocs de pierre formant la retenue. Roselières et forêt immergée dans une eau claire forment un décor accueillant. Les roseaux abritent  des passereaux très difficiles à voir mais très présents par leurs cris ou leurs chants. Nous éduquons nos oreilles aux manifestations sonores, rappelant une crécelle, des rousserolles turdoïdes et des rousserolles effarvates. Un peu plus loin dans les roseaux nous nous régalons de la présence des grèbes huppés. Une femelle transporte sur son dos deux petits tandis qu’un congénère, peut être le père revient, un poisson dans le bec, pour le nourrissage des oisillons. La longue vue scrute les roseaux et la végétation environnante. L’œil exercé de Clément fixe l’objectif sur un magnifique héron pourpre. Tout le monde a le temps de l’apercevoir. C’est peut être le même que celui aperçu en vol. En tout cas, l’endroit où il va nicher, et peut-être attirer de nouveaux arrivants congénères, est repéré.

Nous avançons en voiture jusqu’au prochain arrêt prévu à hauteur de l’ouvrage de restitution de l’eau de l’Aube, captée en amont, vers cette même rivière par l’intermédiaire d’un canal. La hauteur assez impressionnante de la digue indique l’importance des volumes d’eau qui pour l’instant restent retenus avec un canal quasiment à sec. Notre guide nous indique que la force de l’eau quand elle est libérée dans ce conduit, étourdit les poissons. Les hérons viennent en nombre y capter ces proies alors faciles. En haut de la digue, volent un nombre important d’hirondelles « de fenêtre », vives, tournoyantes et bien difficiles à photographier. Elles nichent sous l’ouvrage bétonné dans des nids offrant une seule petite ouverture, d’où vient leur nom commun. Clément nous conte leurs impressionnantes aventures migratoires. Ces petites bêtes d’à peine 14 grammes franchissent des milliers de kilomètres pour fuir les climats froids et trouver des insectes. Elles survolent les Pyrénées, traversent l’Espagne, le Maghreb et pour certaines atteignent l’Afrique du Sud au travers du Sahara ou en contournant la côte Atlantique. Nous retournons aux voitures en apercevant ou en entendant des chardonnerets, des linottes mélodieuses et des verdiers. Quelques orchidées pyramidales ont survécu à la tonte récente des herbes recouvrant la pente de la digue. Un milan noir recherche les ascendances alors que nous reprenons la route.

Dernière étape à l’observatoire se trouvant près de Radonvilliers et du canal de jonction entre le lac Amance et le lac du Temple. Cet endroit est un site « Ramsar », classification de portée internationale des zones humides. Depuis la construction en bois bien intégrée dans la végétation nous observons des cygnes de Bewick, des cormorans et des mouettes ainsi que les incontournables foulques macroules  avec leur bec et leur crâne blancs. Toute cette faune ne semble pas perturbée par l’activité nautique proche et autorisée sur ce plan d’eau.

Notre guide nous quitte là. Nous avons passé trois heures ensemble pendant lesquelles il nous a communiqué des informations très intéressantes et pas seulement au sujet des oiseaux. Il anime d’autres sorties sur d’autres thèmes au catalogue proposé par le Parc Naturel Régional de la Forêt d'Orient.

 Nous rentrons à Troyes après un petit détour par la cale de mise à l’eau de Caron, endroit privilégié pour les pêcheurs du Temple. Un nombre impressionnant d’orchidées pyramidales se mêlent aux hautes herbes surplombant l’étendue d’eau et ce sera la dernière photo. Nous avons beaucoup apprécié cette matinée ensoleillée et nous avons recueilli des informations qui pourraient nous inciter à revenir pour observer d’autres espèces en sachant toute la patience nécessaire pour faire de belles rencontres et réaliser de beaux clichés.


Pour résumer…

Clément, le guide-nature du Parc Naturel Régional de la Forêt d’Orient, vous propose tout au long de l'année différentes sorties pour découvrir la faune et la flore présentes sur les Grands Lacs de Champagne.
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Jacques


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