Aujourd'hui j'ai testé pour vous…

Ecomusée de la Forêt d’Orient

Testé par Jacques
Ecomusée de la Forêt d’Orient

Tout près des lacs de la Forêt d’Orient, à 5 minutes de Dienville et de ses activités nautiques, un parcours dans le temps nous est proposé au travers des métiers et de l’habitat rural de la région. Selon votre âge, l’écomusée  vous évoquera  la vie et le travail de vos grands-pères et grands-mères, arrière, voire arrière-arrière-grands-pères et grands-mères pour les plus jeunes.

Nelly anime ce site musée créé sur le mode associatif en 1983 et dont les collections se sont constituées, au fil du temps, grâce aux dons des habitants de la région. Les pièces présentées témoignent pour beaucoup d’entre-elles d’un immense travail bénévole de restauration et de mise en valeur.


La traction animale et « savez vous planter les choux ? »

Après nous avoir accueillis, Nelly nous entraîne à l’entrée de ce qui fut une porcherie, long bâtiment ayant conservé son revêtement de sol carrelé initial et qui abrite désormais une impressionnante collection d’outillages agraires. 


La force des bœufs ou des chevaux mettait en mouvement la centaine d’engins  disposés sur toute la longueur avec une signalétique de couleur qui permet de les classer selon la nature du travail appliqué au sol : labourage, fertilisation, surfaçage, semailles, désherbages, récoltes. Araires, charrues, bisocs, brabants, ratissoirs, herses, semoirs, tarares, rouleaux, planteuses, houes, ébouseuses....n’ont pas de secret pour notre guide qui nous explique très clairement et avec passion leur destination et leur fonctionnement. Le génie mécanique de certains nous impressionne. La qualité du travail de restauration est impeccable. En témoigne un matériel pour les semailles présenté  au fond révélant une moitié restaurée et l’autre non. Les couleurs permettent de bien distinguer l’assemblage des pièces et leur fonctionnement. On se rend compte de la difficulté du labeur agricole et de la volonté de le soulager par des inventions successives. Bien sûr, la culture du choux est présente. A la fin du 19ème, en région briennoise, elle a pris le pas sur celles des haricots et des pommes de terre qui avaient aussi leurs outils spécifiques. Une vitrine présente des instruments ingénieux destinés à lutter contre les nuisibles qui s’attaquaient aux produits de la terre.


Les locaux de l’ancienne laiterie des « Fermiers Réunis ».

Puis Nelly nous propose de nous rendre dans un autre bâtiment où se trouvent d’autres zones d’exposition.

Et avec le rôti, je vous mets quoi ?

Nous y découvrons dans une première pièce la reconstitution d’une boucherie charcuterie des années 50. C’est simple et plutôt réaliste. Nous remarquons la balance « Berkel » ou l’aiguille affiche le poids. Mais à la partie arrière de ce type de balance, non visible du client, l’aiguille se déplaçait sur une sorte de règle à calcul qui permettait de lire le prix en fonction du poids. Certains se souviennent du boucher qui écrivait, au crayon à mine, le poids et le prix sur le papier d’emballage.


Renault, Vendeuvre, Porsche, Lanz-Bulldog et compagnie

Des tracteurs Diesel des premières générations sont présentés dans le grand hangar attenant. Ils seraient prêts à redémarrer, pour certains à la manivelle, pour d’autres avec une cartouche ou un autre dispositif. L’alignement de ces engins est impressionnant. Le siège du conducteur n’est souvent qu’une simple tôle trouée avec une forme adaptée au fessier des utilisateurs. Des anciennes batteuses et moissonneuses font face aux tracteurs. Les plus anciens de ces matériels fonctionnaient avec la force animale. Nelly nous compte comment le picotin motivait le cheval pour que ses mouvements mettent la machine en action.


Ancêtres de la machine à laver électrique, lessiveuses, baignoires en bois, ustensiles de fromagerie

Nous passons dans une autre pièce contiguë que l’on pourrait qualifier de buanderie. On y trouve beaucoup d’équipements de la vie quotidienne comme les premières machines à laver qui n’étaient pas encore électrifiées, une baignoire en bois où la maman baignait et frottait la fratrie au savon de Marseille, dans la même eau, en commençant par le moins sale.

Un peu plus loin sont réunis des barattes, du matériel de fromagerie avec lequel on fabriquait en particulier le fameux « Carré de l’Est ». 


L’habitat, le salon de coiffure, la chambre à coucher

On avance encore vers les pièces suivantes pour découvrir une pièce de vie où sont rassemblées de manière quelque peu hétéroclite toutes sortes d’objet de la vie d’autrefois. Une vaisselle « Longwy » sur la table occupe le centre de la pièce. Notre guide nous fait jouer aux devinettes pour identifier certaines pièces, un grille-pain pour utiliser sur la braise, un projecteur d’ ombres chinoises, un « baby trotteur » qui préfigure « le youpala » et que la mère utilisait pendant qu’elle travaillait au champ pour fatiguer son enfant et l’endormir. Il faudrait beaucoup de temps pour tout examiner en détail. On constate que la vie des siècles derniers ne pouvait pas faire beaucoup de place au loisir puisque la quasi-totalité des pièces sont des utilitaires. A quoi pourrait ressembler un tel musée dans les générations futures avec la consommation de masse des produits du plus utile au plus futile, la prolifération exponentielle des biens et des gadgets ? Les biens sont devenus plus personnels. Les gens autrefois se les prêtaient par nécessité ou solidarité.

Juste à côté, on peut voir la reconstitution de l’ancien salon de coiffure Dethon de Brienne. Il n’y manque que les odeurs caractéristiques.


Pour finir avec cette zone du musée, on découvre une chambre à coucher avec son équipement pour la toilette et la chaise percée. L’épaisseur de l’édredon ainsi que les chaufferettes et bassinoires rappellent la précarité des moyens de chauffage de la plupart des maisons.

Bâtiment accueil

Des calèches

Nous retournons vers le bâtiment d’accueil. Au passage, on peut voir un magnifique « Tilbury » rénové dans un espace ou d’autres calèches ou véhicules hippomobiles sont encore en phase de réfection. 


La salle de classe, pleins et déliés et plume sergent major

Pupitres et tables d’écolier en bois avec encriers, tableau avec la date et la leçon de morale écrite à la craie blanche, cartables et carte de France des départements, le décor est complet et le poêle « Godin » n’est pas loin. Nelly propose aux enfants de s’essayer à la plume à encre et une petite fille s’y colle volontiers.


Le café épicerie, le coin couture.

Après les courses, on peut passer au bistrot. Un mannequin vendeuse propose ses produits et les pèse sur une balance « Testut » tandis que le patron vous invite à prendre une boisson au bar ou à une table. Nous terminons par le coin couture non loin de là.


Granges à pans de bois, Boutique et boutique

Notre visite s’est achevée après avoir entrevu deux ensembles remarquables de granges reconstruites. Ces granges se trouvaient autrefois pour l’une à La Chapelle Saint Luc et pour l’autre à Bouy Luxembourg. L’une d’elles abrite des outils et du matériel représentant les savoir faire artisanaux du bûcheron, du tonnelier, du cordier, du menuisier, du charbonnier, du bourrelier. Faute de temps nous ne les avons pas visitées. 

La « Boutique » désignait autrefois, l’atelier des Frères Vautrin qui fabriquaient des roues en bois cerclées de métal et qui se visite également un peu plus loin dans la rue du village.

Nous avons terminé par la boutique du musée où nous avons acheté des produits locaux : du jus de poire et une boîte de choucroute. On y trouve également quelques objets en bois et de la documentation. On peut varier les plaisirs avec un parcours de mini-golf dont les trous sont agrémentés et décorés par des objets récupérés bien en rapport avec le musée lui-même.




Pour résumer…

Nous avons beaucoup apprécié cette visite qui peut constituer une excellente variation aux activités « nature » pratiquées autour des lacs. Nous recommandons une visite guidée au risque de « passer à côté » de beaucoup d’informations intéressantes et instructives. Félicitations aux bénévoles qui rénovent et maintiennent en état ce site !
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Jacques


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